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🍋 Je ne supporte plus ma mère âgée qui répète toujours la même chose : d'où vient mon agacement ?

Vous ne supportez plus votre parent âgé qui répète toujours la même chose ? Ce guide ne vous dit pas quoi lui répondre : il vous dit d'où vient votre agacement.

Yvan Keyna · Publié le 31 octobre 2026

Vous ne supportez plus votre parent âgé qui répète toujours la même chose ? Ce guide ne vous dit pas quoi lui répondre : il…

Quand vous ne supportez plus votre parent âgé qui radote, ce qui vous agace n'est pas ce qui agace quelqu'un d'autre : c'est à vous. Et c'est là que vous reprenez le contrôle, parce que votre patience, c'est vous qui avez le pouvoir de la travailler.

Question 1

Qu'est-ce qui se passe en vous quand votre parent radote ?

Votre parent de 75 ans ou plus montre des signes de confusion et vous raconte les mêmes histoires en boucle. Vous savez déjà ce qu'il va dire. Vous l'écoutez quand même.

Que vous viviez avec lui, dans la même ville, ou à plus de mille kilomètres avec le téléphone entre vous deux, la scène est la même : l'histoire revient, et vous la reconnaissez dès les premiers mots.

À ce moment-là, le problème, c'est ce qu'on se dit. Soit on a envie de le corriger. Soit on perd patience.

Soit on éprouve de la pitié. Soit on est gêné pour lui. Soit on a l'impression de perdre son temps.

Soit on se dit « à quoi bon continuer, puisqu'il va oublier ». C'est ce qu'on se dit. Et ce qu'on se dit n'est pas la même chose pour tout le monde.

Vous les avez peut-être toutes pensées, à des moments différents. Elles ne disent pas que vous êtes un mauvais fils ou une mauvaise fille : elles disent ce qui se passe en vous, et c'est de cela que parle ce guide.

Question 2

Pourquoi ne supporte-t-on plus son parent âgé quand il répète les mêmes histoires ?

Parce que votre parent répète sans cesse les mêmes histoires, les mêmes choses. Chaque fois, cela vous demande votre attention et prend de la concentration.

Écouter une histoire que l'on connaît déjà demande encore de l'attention : il faut suivre, et répondre au bon endroit. Ce n'est pas parce que l'histoire est courte que l'écouter est léger : c'est la dixième fois qui pèse, pas la première.

La fatigue est réelle. Je ne vais pas vous dire qu'elle n'existe pas, ni qu'elle passera.

Mais la fatigue n'explique pas tout. Deux personnes aussi fatiguées l'une que l'autre ne se disent pas la même chose quand il recommence.

Question 3

Pourquoi ce qui vous agace n'est pas ce qui agace quelqu'un d'autre ?

Parce que la liste plus haut n'est pas une liste de symptômes, c'est une liste de personnes. Celui qui a envie de corriger et celui qui éprouve de la pitié ne sont pas agacés par la même chose.

Celui qui se dit « à quoi bon, puisqu'il va oublier » et celui qui a l'impression de perdre son temps n'ont pas la même phrase dans la tête. Ce n'est pas la même chose qui les agace, même si le parent est le même et l'histoire aussi.

Relisez la liste. Vous ne vous reconnaissez sans doute pas dans les six. Vous vous reconnaissez dans une, peut-être deux, et c'est celle-là qui est la vôtre.

C'est ce que je veux vous faire remarquer : ce qui vous agace n'est pas ce qui agace quelqu'un d'autre devant le même parent. C'est à vous. Et ce qui est à vous, vous pouvez le comprendre.

C'est aussi pour cela qu'un conseil qui marche pour quelqu'un d'autre peut ne rien faire pour vous. Il répondait à son agacement, pas au vôtre.

Question 4

Qui a le pouvoir sur votre patience ?

Vous. Pas votre parent, pas l'histoire, pas le nombre de fois qu'il la raconte. En comprenant ce qui vous agace, vous reprenez le contrôle.

Reprendre le contrôle, ce n'est pas l'empêcher de raconter. C'est savoir ce qui se passe en vous pendant qu'il raconte, et ne plus le subir.

Vous vous dites peut-être qu'il va oublier, et que rien de ce que vous ferez n'y changera quelque chose. Admettons. Ce qui reste entre vos mains, c'est votre patience : c'est vous qui avez le pouvoir de la travailler.

Ce n'est pas forcément agréable à entendre : si le pouvoir est chez vous, il n'est chez personne d'autre. Mais c'est aussi la seule chose, dans cette scène, sur laquelle vous avez vraiment la main.

Je ne vous demande pas d'être patient. Je vous dis que la patience se travaille, que personne ne peut la travailler à votre place, et que vous pouvez commencer à la prochaine histoire.

Vous avez le droit d'être agacé. Ce guide ne vous le reproche pas. Il vous propose d'en faire quelque chose.

Question 5

Qu'est-ce que ce guide ne règle pas ?

Il ne vous dit pas quoi répondre à votre parent quand il recommence, ni comment le faire changer de sujet. Ce n'est pas le sujet ici : le sujet, c'est vous.

Il ne vous promet pas que vous serez moins fatigué demain, ni que l'agacement disparaîtra. Je ne promets aucun effet de ce genre.

Il ne dit pas ce que votre parent y gagne. Ce que je vous propose se passe en vous ; ce qu'il en reçoit, lui, je ne le mesure pas ici.

Et il ne remplace pas ce que vous faites déjà. Si vous avez trouvé une façon de tenir, elle reste la vôtre.

Question 6

Alors, que faire puisqu'il n'existe pas une solution universelle ?

Voici ma réponse, et elle est un peu longue : si je veux faire passer ce message, je dois l'expliquer clairement, sans raccourci ni résumé.

Chaque cas est différent. Chacun peut vivre et ressentir des choses différentes, et même ce que vous ressentez aujourd'hui, vous le ressentirez différemment dans six mois, éventuellement.

Eh bien, profitez-en pour voir votre parent comme un coach personnel, comme un Tony Robbins personnel qui est là pour vous permettre de vous améliorer.

À chaque fois que votre parent fera ressortir des émotions désagréables en vous, profitez-en pour les observer et découvrir ce qui se cache derrière.

Est-ce que c'est de l'anxiété ? Est-ce que c'est de la colère ? Est-ce que c'est de la déception ?

Car derrière cette émotion se cache une blessure que vous avez. C'est ce que j'aborde dans 👉 Au Secours ! Qui va prendre soin de mes parents ?.

Vous vous dites que non, c'est simplement de la fatigue ? Dans ce cas, est-ce que vous vous êtes déjà plaint lorsque votre enfant de quelques semaines ou quelques mois faisait dans sa couche plusieurs fois par jour ? Est-ce que vous vous êtes dit « J'en ai marre » ?

Non, et pourtant cette situation n'était pas confortable. Alors pourquoi vous dites-vous « J'en ai marre » avec votre parent ?

C'est là que tout change : lorsqu'on prend conscience que derrière ces émotions désagréables se cachent des blessures beaucoup plus profondes. C'est pour cela que votre parent pourrait être votre coach.

Cette question-là, vous pouvez la poser autour de vous, à quelqu'un qui vit la même scène avec son propre parent : pourquoi « J'en ai marre » avec lui, et pas avec un bébé ? Elle tient en une phrase, et elle fait réfléchir plus longtemps qu'elle ne se dit.

Concrètement, la prochaine fois qu'il recommence et que « J'en ai marre » vous monte, vous pouvez vous arrêter une seconde et nommer ce que c'est : anxiété, colère, déception. Vous ne cherchez pas à la faire taire : vous cherchez ce qu'elle cache.

Et vous, qu'est-ce qui vous agace quand votre parent radote ? L'envie de corriger, la pitié, le temps qui passe, ou autre chose que je n'ai pas listé ? Et qu'est-ce que vous faites, à ce moment-là, qui vous aide ?

Votre solution peut servir à quelqu'un à qui ce guide n'a pas suffi, et je ne prétends pas qu'il suffira à tout le monde. Vous pouvez me l'écrire à contact@editions-ausecours.ca, à l'attention de 👉 Yvan Keyna.

Portrait de Yvan Keyna

Auteur : Yvan Keyna


Sources employées (2)
# Fait cité Lien
1 Le livre de l'auteur, où il aborde la blessure derrière l'émotion 👉 Au Secours ! Qui va prendre soin de mes parents ?
2 L'auteur du guide 👉 Yvan Keyna

Questions fréquentes

Je ne supporte plus mon parent âgé quand il radote : est-ce que je suis un mauvais fils ou une mauvaise fille ?

Non. L'envie de le corriger, l'impatience, la pitié, la gêne ou l'impression de perdre son temps ne disent pas que vous êtes un mauvais fils ou une mauvaise fille : elles disent ce qui se passe en vous. Vous avez le droit d'être agacé, et ce guide vous propose d'en faire quelque chose.

Pourquoi est-ce si fatigant quand une personne âgée répète toujours la même chose ?

Parce qu'écouter une histoire que l'on connaît déjà demande encore de l'attention et de la concentration : il faut suivre, et répondre au bon endroit. C'est la dixième fois qui pèse, pas la première. La fatigue est réelle, mais elle n'explique pas tout : deux personnes aussi fatiguées l'une que l'autre ne se disent pas la même chose quand il recommence.

Pourquoi mon parent m'agace-t-il quand il raconte toujours les mêmes histoires ?

Ce qui vous agace n'est pas ce qui agace quelqu'un d'autre devant le même parent : l'un a envie de le corriger, l'autre éprouve de la pitié, un troisième a l'impression de perdre son temps. Ce qui vous agace est à vous, et ce qui est à vous, vous pouvez le comprendre. En le comprenant, vous reprenez le contrôle.

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